Renforcement des sols des réacteurs nucléaires EPR2 de Gravelines
Dans un avis publié le 16 octobre, l’ASNR (Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection) formule ses attentes concernant le système de renforcement du sol nécessaire à l’implantation de réacteurs EPR2 sur le site de Gravelines. EDF est pleinement mobilisée pour répondre aux attentes de l’ASNR, en apportant des éléments techniques complets et argumentés, dans une logique de transparence et de dialogue constructif.
La sûreté nucléaire constitue une priorité absolue pour EDF : de la conception des installations nucléaires jusqu’à leur exploitation.
Dans le cadre du programme de construction de nouveaux réacteurs nucléaires, EDF recherche une réplication maximale entre les projets EPR2 afin qu’ils soient autant que possible similaires tout en prenant en compte des caractéristiques de chaque site.
À Gravelines, ces adaptations portent sur les particularités géologiques du site du futur chantier. EDF réalise des études basées sur des campagnes d’essais géotechniques pour identifier les solutions techniques adaptées qui permettront de répondre à ces enjeux dans la durée, au service de la sûreté.
L’ASNR, instruit dans le cadre du dossier EPR2 à la fois le niveau des aléas à retenir dans les études menées par EDF, mais aussi la solution technique qui sera proposée.
Le sujet de la préparation des sols a été mis en lumière à de nombreuses reprises dans le cadre du débat public (mené sous l’égide de la CNDP du 17 septembre 2024 au 17 janvier 2025). Il a également fait l’objet de plusieurs pages dédiées dans le DMO (Dossier des maîtres d’ouvrage), qui précise par ailleurs que les solutions envisagées seraient présentées à l’ASNR dans le cadre de l’instruction du décret d’autorisation de création. C’est dans ce cadre que les experts de l’ASNR, sollicités par EDF, apportent leurs recommandations et attentes en retour. Cette phase essentielle illustre la dynamique constructive d’échanges qui accompagne toute instruction.
Un site avec des particularités géologiques
Le groupe EDF a examiné la capacité de plusieurs sites à accueillir les 3 paires de réacteurs nucléaires de type EPR2, sur la base du retour d’expérience des centrales existantes et à partir d’une série de critères basés sur des études d’évaluation techniques : foncier disponible, capacité d’évacuation de l’énergie produite, capacité de refroidissement, qualité des sols, niveaux prévisionnels d’agression, dont l’aléa sismique.
Cet examen a conclu que tous les sites examinés étaient susceptibles d’accueillir une paire d’EPR2 et que chacun nécessiterait des ajustements à la conception aux conditions particulières du site (source froide, sols, niveaux d’agression) afin de garantir la sûreté des futures installations.
Le site de Gravelines présente des sols meubles sur une grande épaisseur. Sans renforcement, la masse importante d’un réacteur EPR2 (deux fois celle d’un réacteur 900 MW) provoquerait des tassements statiques pouvant affecter la tenue de certains bâtiments et de certains équipements. Des renforcements du sol sous les EPR2 sont donc nécessaires pour garantir la sûreté des installations.
Par ailleurs, le phénomène de liquéfaction des sols à Gravelines est pris en compte dans les analyses comme pour tous les sites pour lesquels les caractéristiques géotechniques et les niveaux d’aléa sismiques le justifient. Il s’agit d’un comportement exceptionnel du sol pouvant survenir lors d’un fort séisme qui vient modifier temporairement ses caractéristiques.
A noter que les questions relatives au dossier portent sur l’EPR2 et ne sont pas transposables aux six réacteurs actuellement en fonctionnement à Gravelines.
Les solutions techniques envisagées
Le renforcement du sol est l’une des principales opérations des travaux préparatoires des EPR2 à Gravelines.
Des options sont étudiées, certaines combinant plusieurs solutions techniques industriellement éprouvées : traitement du sol avec des matériaux, utilisation de remblais en substitution d’une partie du sol, renforcement par inclusion rigides…).
Ces méthodes visent à améliorer la résistance et la déformabilité du sol, à réduire les tassements et à supprimer le risque de liquéfaction, garantissant la sécurité des installations nucléaires.
Les suites de l’instruction L’instruction de l’ASNR va quant à elle se poursuivre autour de divers aspects :
– Hypothèses de dimensionnement de séisme
– Méthode d’évaluation de l’aléa sismique
– Caractérisation géotechnique du sol existant
– Comportement sismique des renforcements
À noter que ces échanges n’impactent pas le début des travaux
préparatoires qui débuteront en octobre 2026.
À ce stade, la date d’ouverture du site de chantier demeure conditionnée à l’obtention de l’autorisation environnementale.